Le Tech gronde en contrebas, coincé entre des parois rocheuses abruptes. Franchir ces gorges a longtemps été un défi majeur pour les habitants de la vallée, jusqu’à l’érection d’une arche de pierre vertigineuse au XIVe siècle. Si vous cherchez à connaître l’histoire et la légende du pont du diable à Céret, vous êtes au bon endroit. Loin des dépliants touristiques, nous décortiquons ici les faits historiques, le conte populaire catalan, et toutes les informations pratiques pour stationner et admirer ce monument sans subir les bouchons estivaux de la D115.
- Accès libre et gratuit toute l’année, 24h/24.
- Stationnement conseillé : Parking de la Porte d’Espagne (5 min à pied).
- La légende locale affirme que le diable l’a bâti en une nuit.
- L’arche s’élève à 22,30 mètres au-dessus du fleuve Tech.
L’histoire vraie : une prouesse architecturale du XIVe siècle
Bien avant que les ingénieurs modernes ne tracent nos routes, les bâtisseurs médiévaux ont réalisé un véritable tour de force. La construction du pont débute en 1321 et s’achève en 1341. Financé par les habitants de Céret et les villages voisins, cet ouvrage avait un but purement stratégique : relier le Vallespir à la plaine du Roussillon pour faciliter le commerce du fer, du liège et des denrées agricoles.
Des dimensions hors normes pour l’époque
Ce qui frappe immédiatement, c’est l’audace de sa conception. Le pont est constitué d’une arche unique d’une portée de 45,45 mètres. À son achèvement, il s’agissait du pont à arche unique le plus grand du monde. La structure culmine à 22,30 mètres au-dessus du niveau habituel du Tech.
Les bâtisseurs ont utilisé des pierres locales et des briques, ancrant solidement les culées dans la roche dure des rives. Malgré les crues dévastatrices du fleuve, notamment les fameux « Aiguats » qui balayent régulièrement la région, l’édifice a tenu bon pendant des siècles, subissant seulement quelques consolidations mineures au XVIIIe siècle.
La légende du Pont du Diable de Céret : le pacte de minuit
La réalité historique est impressionnante, mais la tradition orale catalane a préféré y ajouter une touche de mystère. La légende raconte que les habitants de Céret, désespérés de voir leurs ponts de bois emportés par les crues successives du Tech, firent appel au diable lui-même.
Le chat, le diable et la pierre manquante
Le Malin accepta de construire un pont indestructible en une seule nuit. En échange, il exigea une récompense macabre : l’âme du premier être vivant qui traverserait l’ouvrage. Le pacte fut scellé. Le diable travailla d’arrache-pied toute la nuit, empilant les blocs de pierre à une vitesse surnaturelle.
Au petit matin, alors que le diable s’apprêtait à poser la toute dernière pierre de la clé de voûte, un habitant rusé lâcha un chat noir sur le pont avec une casserole attachée à la queue. Terrifié par le bruit, l’animal fila à toute vitesse vers l’autre rive. Le diable, furieux d’avoir été dupé et de ne récolter que l’âme d’un félin, laissa tomber la dernière pierre et disparut dans un nuage de soufre.
Aujourd’hui encore, si vous observez attentivement la structure depuis les berges, vous remarquerez qu’il manque une pierre dans l’appareillage de l’arche. La légende veut que personne n’ait jamais réussi à la faire tenir.
Infos pratiques pour organiser votre visite
Le pont est situé à l’entrée nord de la ville. Bien qu’il soit visible depuis la route départementale, il mérite qu’on s’y arrête pour l’arpenter à pied.
Accès et stationnement
- Adresse : Route de Maureillas (D115), 66400 Céret.
- Tarif : Gratuit (monument historique en accès libre).
- Où se garer : Évitez de vous arrêter sur le bas-côté de la D115, la circulation y est dense et dangereuse. Privilégiez le Parking de la Porte d’Espagne ou le Parking des Tins, situés à environ 5 à 10 minutes de marche.
Pour la meilleure photo, descendez par le petit sentier rocailleux sur la rive droite (côté route de Maureillas) juste avant le coucher du soleil en septembre. La lumière rasante illumine l’arche par en dessous, et vous éviterez la chaleur étouffante de la cuvette cérétane typique des mois de juillet et août.
Que faire autour du pont ?
Une fois le pont traversé et photographié, la ville de Céret offre de nombreuses possibilités pour prolonger la journée. La chaleur peut être écrasante l’été, nous recommandons donc de chercher la fraîcheur en milieu de journée.
Le centre-ville, avec ses platanes centenaires, abrite des trésors culturels. Vous pouvez par exemple visiter le musée d’art moderne de Céret en famille, une excellente alternative climatisée qui retrace le passage de Picasso et Soutine dans la capitale du Vallespir.
Pour les amateurs de patrimoine et de marche, une belle randonnée sur les hauteurs de la ville vous mènera vers un site récemment mis en valeur. La restauration du retable de l’ermitage Saint-Ferréol à Céret a redonné tout son éclat à ce lieu paisible, entouré de chênes-lièges et offrant un panorama exceptionnel sur la vallée du Tech.
Questions fréquentes
Pourquoi l’appelle-t-on le Pont du Diable à Céret ?
Son nom vient d’une légende locale selon laquelle le diable aurait construit l’édifice en une seule nuit en échange de la première âme qui le traverserait. Les habitants l’auraient piégé en faisant passer un chat.
Quelle est la hauteur du Pont du Diable ?
L’arche unique en pierre s’élève à 22,30 mètres au-dessus du niveau habituel du fleuve Tech. Sa portée de 45,45 mètres en faisait le plus grand pont du monde lors de sa construction.
Peut-on se baigner sous le pont ?
La baignade y est fortement déconseillée et souvent interdite par arrêté municipal en raison des courants violents du Tech et des risques de lâchers d’eau imprévisibles.
Le pont n’est que la porte d’entrée monumentale de ce territoire verdoyant aux traditions catalanes bien ancrées. Prenez le temps d’explorer les ruelles ombragées et les marchés locaux. Pour aller plus loin et organiser la suite de votre séjour, consultez notre guide complet du Vallespir qui détaille tous les incontournables, d’Amélie-les-Bains jusqu’à Arles-sur-Tech.
